Arrêt de la 2G : le point, opérateur par opérateur
L'extinction de la 2G n'est plus une annonce : elle a commencé le 31 mars 2026 et se généralise cet automne. Qui éteint quoi, et quand ? Que peut une carte SIM multi-opérateurs — et que ne peut-elle pas ? Le point pour les exploitants de téléalarmes, d'alarmes et d'équipements techniques.

Pendant vingt ans, la 2G a suffi : un transmetteur d'alarme ou une téléalarme de cabine n'ont besoin que d'une communication vocale de temps en temps. Cette tranquillité prend fin cet automne. Voici où en est chaque opérateur, ce que peut réellement une carte SIM multi-opérateurs, et par quoi commencer.
En bref
- Orange annonce l'arrêt total de sa 2G au 20 octobre 2026 ; SFR et Bouygues Telecom suivent en novembre et en décembre.
- Une carte multi-opérateurs ne transforme pas un modem 2G en modem 4G : elle offre un sursis, pas une solution.
- Le travail utile se fait maintenant : recenser, classer par département, remplacer modem et carte ensemble.
Le calendrier, à la source
Il n'existe pas de date nationale unique : chaque opérateur avance par vagues, souvent département par département.
- Orange a commencé par le Pays basque le 31 mars 2026, puis le Sud-Ouest. Son site annonce Nice le 22 septembre, 44 départements le 6 octobre, les 43 derniers le 20 octobre 2026 — date à laquelle son réseau 2G sera totalement arrêté. Sa 3G s'arrêtera en 2028.
- SFR annonce l'arrêt de sa 2G entre le 15 novembre et le 15 décembre 2026 ; sa 3G, fin 2028.
- Bouygues Telecom annonce des étapes de la mi-novembre à la mi-décembre 2026 ; sa 3G, fin 2029.
- Free n'exploite pas de réseau 2G en propre.
Ces dates évoluent : elles ont déjà été avancées ou précisées plusieurs fois. La fiche pratique de l'Arcep, tenue à jour, fait référence. L'Autorité y cite les équipements concernés : systèmes d'alarme et de télésurveillance, téléalarmes d'ascenseurs, pilotage du chauffage, interphones connectés.

Ce qu'une carte SIM peut faire — et ne peut pas faire
Une idée reçue circule : « ma carte est multi-opérateurs, donc je suis tranquille ». C'est vrai pour le réseau, faux pour le matériel.
- Un modem 2G reste un modem 2G. La carte identifie l'abonnement ; c'est le modem qui porte la radio. Aucune carte ne lui fera parler la 4G. Quand le dernier réseau 2G de sa zone s'éteint, il se tait.
- Une carte multi-opérateurs retarde l'échéance, elle ne la supprime pas. Tant qu'un opérateur maintient la 2G localement, la carte s'y accroche : un sursis de quelques semaines, utile pour organiser une campagne.
- Une fois le matériel en 4G, elle redevient décisive. En gaine, en sous-sol ou en chaufferie, le meilleur réseau n'est pas le même d'un immeuble à l'autre. La carte choisit le plus fort, et bascule si celui-ci tombe.
- Le silence ne prévient pas. Un équipement qui ne trouve plus de réseau n'envoie pas de message d'adieu : sans appel de test ni supervision, la panne se découvre le jour où quelqu'un appuie sur le bouton.
Trois situations que l'on rencontre souvent
- Le parc que personne n'a inventorié. Les équipements ont été posés par plusieurs entreprises, sur dix ans. Le relevé des références est le premier chantier — et le plus long.
- L'équipement qui fonctionne encore. Dans un département déjà traité, une carte multi-opérateurs a basculé sur la 2G d'un autre réseau : une fenêtre de travail, pas une bonne nouvelle.
- Le remplacement à moitié fait. Un modem 4G neuf, un abonnement resté calé sur l'ancien équipement : la liaison monte, mais les appels n'aboutissent pas comme prévu.
Par où commencer
- Identifier le matériel 2G ou 3G : la référence du modem ou de la passerelle suffit. Un tableau simple — site, appareil, référence, département — vaut mieux qu'un outil parfait qui n'existe pas.
- Classer par département, en suivant les vagues des opérateurs, et traiter d'abord les zones dont l'échéance est la plus proche.
- Vérifier la carte en même temps que le modem : format, profil, options voix et données adaptées au nouvel équipement.
- Prévoir les accès. Machinerie fermée, gardien absent, appareil immobilisé : une bonne part des retards vient de là, pas de la technique.
- Tester chaque pose jusqu'au centre de réception, et conserver la trace de l'essai.
Les erreurs qui coûtent un second déplacement
- Poser l'antenne au fond d'une armoire métallique, sans relever le niveau de réception à l'endroit exact.
- Oublier l'alimentation de secours : la meilleure passerelle s'éteint avec le courant.
- Laisser l'ancien identifiant dans la configuration, ou ne pas programmer l'appel de test cyclique.
Le cas particulier des ascenseurs
Pour les ascenseurs, un décret du 4 mars 2026 impose la vérification des moyens d'alerte toutes les six semaines et l'information écrite du propriétaire, renouvelée tous les six mois, tant que l'appareil dépend du réseau téléphonique commuté ou d'un réseau mobile de troisième génération ou antérieur. Le texte prévoit aussi leur remplacement.
Questions fréquentes
Comment savoir si un équipement est encore en 2G ?
La référence commerciale du modem le dit presque toujours : les modèles 2G et 3G portent souvent la mention dans leur désignation. À défaut, la documentation du fabricant tranche. Une carte SIM récente placée dans un vieux modem ne change rien.
Mes cartes sont multi-opérateurs : ai-je vraiment quelque chose à faire ?
Oui, si le matériel est en 2G ou en 3G. La carte cherchera un réseau tant qu'il en existe un dans la zone, puis s'arrêtera avec le dernier. Seul le remplacement du matériel règle le sujet.
Et si un site ne capte pas assez en 4G ?
Cela arrive en sous-sol profond ou derrière des parois épaisses. La réponse se cherche du côté de l'antenne : emplacement, antenne déportée, passage de câble. C'est un point à traiter au repérage, pas le jour de la pose.
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Sources
- Arcep — fiche pratique « Extinction des réseaux mobiles 2G et 3G » (mise à jour du 10 septembre 2026)
- Orange — calendrier de l'arrêt de la 2G et de la 3G (page consultée le 20 septembre 2026)
- Fédération des Ascenseurs — « Téléalarme : extinction des réseaux 2G, 3G et RTC, les principales dates à retenir »
- Légifrance — décret n° 2026-166 du 4 mars 2026 visant à garantir la sécurité des ascenseurs face à l'arrêt de certains réseaux téléphoniques